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Les textes d'application des
lois (décrets, arrêtés, éventuellement conventions, mesures
individuelles) doivent être pris dans un délai maximal de
six mois. Le respect de ce délai implique que ces textes
soient conçus, dans la mesure du possible, en même temps que
le projet lui-même (voir
fiche 1.1.2.,
Etudes d'impact).
Il est rappelé que la responsabilité de l'état
peut être engagée du fait de la non-intervention des décrets
d'application dans un délai raisonnable (CE, Ass, 27
novembre 1964, Vve Renard). Le Conseil d'état
a une conception stricte du délai raisonnable (voir pour un
délai inférieur à un an: CE,
27 juillet 2005,
Association Bretagne Ateliers). Les annulations de refus de
prendre ces mesures peuvent être assorties d'injonctions et
d'astreintes (voir
CE, Ass, 28 mars 1997,
UNAF;
27 juillet 2005 Syndicat
national des pharmaciens praticiens hospitaliers et
praticiens hospitaliers universitaires et Fédération
nationale des syndicats de biologistes praticiens
hospitaliers et hospitalo-universitaires).
Afin que cette règle soit
respectée, un suivi de ces textes est organisé par le
ministère responsable en application de sa charte de qualité
de la réglementation. Le secrétariat général du Gouvernement
organise, pour sa part, en liaison avec chaque ministère, un
suivi des décrets d'application des lois.
Par ailleurs, en application
de l'article
86 du règlement de
l'Assemblée nationale, le rapporteur d'une loi ou, à défaut,
un autre député désigné par la commission compétente,
présente à celle-ci un rapport sur l'application de la loi à
l'issue d'un délai de six mois suivant son entrée en
vigueur. Lorsque les textes réglementaires nécessaires n'ont
pas été pris, la commission entend son rapporteur à l'issue
d'un nouveau délai de six mois. Au Sénat, un rapport
d'application des lois synthétisant les observations des
commissions permanentes est présenté chaque année à la
Conférence des Présidents et fait l'objet d'une publication.
En outre, l'article 67 de la
loi n° 2004-1343 du 9
décembre 2004 a prévu la présentation par le Gouvernement
d'un rapport sur la mise en application de chaque loi à
l'issue d'un délai de 6 mois suivant sa date d'entrée en
vigueur (pour les modalités de dépôt des rapports du
Gouvernement au Parlement, voir
fiche 2.2.4.,
Discussion parlementaire sur les projets de loi)
Le calendrier
des décrets d'application et son suivi
Dès l'adoption définitive de
la loi par le Parlement, le secrétariat général du
Gouvernement saisit le ministère principalement responsable
et lui demande la liste des décrets d'application
nécessaires et le calendrier prévisionnel de leur
intervention. Lorsque la loi appelle des décrets préparés
par plusieurs ministères, chacun des ministères concernés
est saisi. Le ministère responsable doit retourner dans les
plus brefs délais ces documents au secrétariat général du
Gouvernement. Le calendrier prévisionnel ne doit, en
principe, pas comporter de délais d'adoption supérieurs à
six mois.
Le document préparé par le
ministère principalement responsable mentionne la liste
et le nombre des décrets nécessaires et, pour chaque
décret, les informations suivantes :
- le bureau chargé
de l'élaboration du décret : cette rubrique doit
comprendre l'identification du bureau (ou de la structure de
niveau équivalent) de la direction compétente du ministère
concerné. Lorsque le décret comprend des dispositions
relevant de plusieurs bureaux, la rubrique comprend soit
l'identification du bureau principalement responsable, soit
l'identification de l'ensemble des bureaux.
- l'objet du décret :
il s'agit de la description la plus synthétique possible de
son contenu.
- le(s) article(s) de la
loi dont il est fait application et sa base légale
: il convient de distinguer entre l'article (ou si l'article
comprend plusieurs divisions, la partie de l'article) de la
loi et sa base légale, qui peut être différente.
Exemples :
a) Article X de la loi n°
2004- du : «article X - Il est inséré dans le code Z un
article Y ainsi rédigé : « article Y (…) Un décret en
Conseil d'état
définit les modalités du présent article ». L'article dont
il est fait application est l'article X, la base légale du
décret est l'article Y du code Z.
b) article A de la loi n°
2004- du : « Article A. I (…) IV un décret en Conseil d'état
définit les modalités du présent article ». L'article dont
il est fait application comme sa base légale sont l'article
A (IV) de la loi n° 2004- du.
Dans certains cas, un décret
peut être nécessaire sans que la loi, comme dans les
exemples précédents, y fasse explicitement référence, soit
parce que le législateur n'a pas expressément prévu de
renvoi à un décret qui apparaît toutefois nécessaire, soit
parce que la loi a modifié en tout ou partie des
dispositions qui faisaient l'objet de décrets d'application
qui devront, à leur tour, être modifiés. Dans ces cas, ces
informations devront également être données.
- la nature du décret :
il convient de préciser si le décret doit ou non être soumis
à la consultation du Conseil d'état
ou à délibération du conseil des ministres.
- les consultations
obligatoires et le calendrier de ces consultations :
il s'agit des consultations, autres que celles du Conseil d'état
ou du conseil des ministres, qui sont requises par un texte
législatif ou réglementaire.
Les consultations
facultatives ou informelles n'ont pas à être mentionnées.
La date prévisionnelle des
consultations obligatoires doit être précisée : à ce stade,
l'indication du mois est suffisante.
- la date envisagée pour
la saisine du Conseil d'état
(lorsque le décret est un décret en Conseil d'état) :
à ce stade, l'indication du mois est suffisante.
- la date envisagée pour
la publication du décret au Journal officiel : à ce
stade l'indication du mois est suffisante
Afin de mieux
programmer l'organisation éventuelle de réunions
interministérielles et l'examen, lorsqu'il est requis, des
décrets par le Conseil d'état,
ces informations doivent être accompagnées d'indications
sur la priorité ou l'urgence particulière qui s'attache
à la publication de tel ou tel des décrets.
Si le calendrier des mesures
d'application de ceux-ci ne peut, en principe, excéder six
mois, il importe en effet, dans certains cas, que chaque
ministère apprécie et définisse des priorités.
Le tableau ci-après donne, à titre indicatif, la forme sous
laquelle ces informations doivent être adressées au
secrétariat général du Gouvernement,
compte tenu des procédures ou
instruments de suivi, mis en place par le ministère ou qui
peuvent l'être au travers des chartes de qualité de la
réglementation. Il est néanmoins demandé que ces
informations soient adressées sur support informatique
(fichier Word ou Excel).
Le secrétariat général du
Gouvernement procède, à partir des informations qui lui ont
été adressées, à une mise en ligne, sur Légifrance d'un
échéancier comprenant :
- la base légale du décret si
elle est différente de l'article de la loi,
- la date ou le mois envisagé
pour sa publication.
En pratique, chaque article
de cette loi renvoie par un lien à une rubrique, comprenant
ces informations. Si l'article ne requiert aucun décret, il
est indiqué qu'aucun décret d'application n'est prévu.
Si le secrétariat général du
Gouvernement ne dispose d'aucune information à la date
indiquée plus haut sur les décrets d'application de la loi,
il est indiqué « l'échéancier des décrets d'application
de la loi n° n'est pas encore disponible» .
Les rubriques relatives aux
consultations (Conseil d'état
ou autres organismes à consulter) comme celle de la date de
publication envisagée doivent être actualisées, en fonction
de l'état d'avancement des travaux d'élaboration des textes.
Il appartient à chaque ministère de prendre les dispositions
nécessaires pour informer le secrétariat général du
Gouvernement des modifications intervenues. Il serait
opportun que cette actualisation n'intervienne qu'à
échéances régulières et pour l'ensemble des textes
d'application de la loi.
Le secrétariat général du Gouvernement rend périodiquement compte
au Premier ministre de l'état d'avancement de l'application
des lois votées.
Recueil des
contreseings des décrets d'application
On recueillera les
contreseings le plus rapidement possible. A cette fin :
- on aura recours à la
procédure du contreseing simultané (voir
fiche 2.1.3,
Procédures de recueil des signatures et contreseings) ;
- les services ne seront pas
saisis à nouveau pour avis, sauf dans le cas où le
contreseing d'un ministre est requis alors que ce ministre
n'avait pas été consulté lors de l'élaboration du texte ;
- s'ils remplissent les
conditions requises, ces décrets pourront être mis au
contreseing selon la procédure accélérée (voir
fiche 2.1.3).
Les rapports
relatifs à la mise en application des lois
L'article 67 de la
loi n°2004-1343 du 9 décembre 2004 de
simplification du droit dispose qu'« à
l'issue d'un délai de six mois suivant la date d'entrée en
vigueur d'une loi, le Gouvernement présente au Parlement un
rapport sur la mise en application de cette loi. Ce rapport
mentionne les textes réglementaires publiés et les
circulaires édictées pour la mise en oeuvre de ladite loi,
ainsi que, le cas échéant, les dispositions de celle-ci qui
n'ont pas fait l'objet des textes d'application nécessaires
et en indique les motifs ».
Sur la procédure d'élaboration et de dépôt des rapports au
Parlement, voir la fiche 2.2.4 .
Ces rapports sont rendus publics sur le site Légifrance.
Tableau
indicatif concernant les décrets d'application des lois
Loi n°
Ministère :
|
Objet
du décret |
bureau
responsable |
article
de la loi (2) |
base
légale (2) |
Nature
du décret |
consultations obligatoires
/saisine (1) |
saisine
du Conseil
d'état (1) |
date de
publication |
Priorité |
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(1)
le cas échéant
(2)
il convient de distinguer entre l'article (ou si l'article
comprend plusieurs divisions, la partie de l'article) de la
loi qui nécessite l'intervention du décret et la base légale
du décret, qui peut être différente.
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