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L'élaboration d'un projet de loi doit être le fruit d'un travail
tant ministériel qu'interministériel, de façon à :
- s'assurer que
le projet répond à une nécessité juridique et que le but
qu'il poursuit ne peut pas être atteint par d'autres moyens
que la modification des dispositions législatives en
vigueur ; à cet effet, les discussions qui sont menées
doivent avoir pour support, dans une première phase, une
étude recensant les
différentes possibilités (v.
fiche 1.1.1 – questions préalables) ;
- régler les
éventuels différends internes au ministère sur tel ou tel
aspect du projet ; dans le cas de projets importants
concernant plusieurs directions, il est souhaitable qu'un
agent soit désigné pour coordonner les travaux du ministère
et, le cas échéant, être l'interlocuteur unique des autres
ministères et du secrétariat général du Gouvernement ;
- faire ressortir
clairement les points d'accord et de désaccord de l'ensemble
des ministères intéressés.
Ce travail doit être mené en premier lieu dans la perspective de la
réunion de programmation du projet de loi placée sous la
présidence du cabinet du Premier ministre et du secrétaire
général du Gouvernement et qui a pour objet de vérifier
l'opportunité politique et la nécessité juridique du projet
et de décider s'il est nécessaire de procéder à une étude
d'impact, la forme que celle-ci doit prendre et les
conditions dans lesquelles elle doit être réalisée. Il doit
évidemment être poursuivi et approfondi si la décision est
prise de programmer le projet.
Sauf cas particuliers, les discussions interministérielles doivent
être engagées à l'initiative du ministère pilote et donner
lieu à des réunions bi ou multilatérales avec les autres
ministères avant que ne soient organisées, le cas échéant,
des réunions ou comités interministériels. Ceux-ci n'ont en
effet vocation qu'à trancher des désaccords, entériner des
accords et prendre des décisions sur la base des résultats
de ces discussions préalables.
On doit veiller à une association systématique à ces discussions :
- du ministère de
la justice, dans l'hypothèse où le projet contient des
sanctions pénales ;
- du ministère de
l'outre-mer si le projet prévoit des dispositions
particulières à l'outre-mer ainsi que dans l'hypothèse où
une extension ou adaptation de ce projet doit être envisagée
à court ou moyen terme ;
- du ministère
chargé du budget si le projet a un impact financier.
Plus généralement doit être associé tout ministère qui peut être
intéressé par le projet soit en raison de la matière qu'il
traite (par exemple le ministère de la justice pour les
projets concernant le droit privé), des catégories de
personnes qu'il affecte (par exemple le ministère de
l'intérieur pour les collectivités territoriales) ou des
textes qu'il modifie (le ministère responsable d'un code
pour des modifications de celui-ci).
Ces discussions doivent porter sur le projet de loi mais également
sur le contenu des principaux décrets nécessaires à son
application qui doivent, dans la mesure du possible, être
élaborés simultanément.
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